Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 17:45

Conférence-débat organisée
par le Mouvement Européen Paris-Sud
en partenariat avec Europe Citoyenne
et Europe Sans Frontières

avec Bruno Palier
Directeur de recherche du CNRS à Sciences Po (CEE),
docteur en sciences politiques, agrégé de sciences sociales
et ancien élève de l’école normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud
Mercredi 15 février 2012 à 20 h 15
au FIAP Jean-Monnet
30, rue Cabanis – Paris 14e – métro : Glacière
Entrée libre, dans la limite des places disponibles, sur inscription
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 10:07

Nous avons repris nos activités après les vacances 2011. Le Bureau s'est réuni le vendredi 9 septembre dernier et avait délibéré sur les activités en vue du 4e trimestre 2011.

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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 09:52

Nous vous souhaitons d'excellentes vacances 2011

Nous serions de retour au mois de septembre

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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 11:50

L'Estonie est devenue le 17e pays de la zone euro

 

L'Estonie est devenue le 1er janvier 2011 le dix-septième membre de la zone euro et le premier des trois pays baltes sortis du giron soviétique en 1991, après la Slovénie en 2007 et la Slovaquie en 2009. Le Premier ministre, Andrus Ansip, a déclaré en retirant des euros à un distributeur mis en place pour l'occasion : "C'est un petit pas pour la zone euro, mais un grand pas pour l'Estonie". "Nous sommes fiers de devenir un État membre de la zone euro", a-t-il ajouté.

Ainsi, 1,3 million d'Estoniens disent adieu à leur monnaie nationale, la couronne, qui avait remplacé le rouble soviétique en 1992, après le divorce de ce pays balte d'avec l'URSS.

Pour respecter les critères de Maastricht, le gouvernement a lancé des mesures d'austérité douloureuses.

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Jeudi 30 décembre 2010 4 30 /12 /Déc /2010 11:27

A l’occasion des Fêtes de fin d’Année et du Jour de l’An, tous les Membres de l’Association vous présentent leurs meilleurs vœux de santé et de pleine réussite.

Que l’Année 2011 vous apporte l’espoir que vous souhaitez et quelle soit une Année européenne de concordance, de convivialité, de progrès et de démocratie.

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Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 16:47

Une révision du Traité de Lisbonne est-elle nécessaire ?

 

Les dirigeants des pays membres de l'Union européenne se sont mis d’accord, lors de leur réunion du jeudi 28 à vendredi 29 octobre, pour la  révision limitée du Traité de Lisbonne visant à créer un filet de sécurité permanent pour les pays de l'Union monétaire qui seraient en grande difficulté et ont confié au président de l'UE, Herman Van Rompuy la mission de travailler sur la méthode de réforme du traité et la nature de ce mécanisme d'ici au prochain sommet des chefs d'État et de gouvernement, les 16 et 17 décembre 2010. Les États membres souhaitent recourir à l'article 48-6 du traité qui prévoit une procédure accélérée de révision, permettant de contourner le Parlement européen et d'éviter ainsi un long processus.

Il est à noter que le Traité de Lisbonne qui a été difficilement ratifié par l’Irlande et la République tchèque, n’est en place que depuis quelques mois.

 Les Français, en accord avec les Allemands lors du sommet de Deauville, avaient demandé cette révision pour mettre en place un système de sanctions et d'aides aux pays de la zone euro en difficultés.

A suivre

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Dimanche 12 septembre 2010 7 12 /09 /Sep /2010 11:44

Priorités de la présidence espagnole

Le programme politique de la présidence espagnole comprend les domaines que le gouvernement espagnol juge prioritaires pour l'Union européenne et  souhaite dynamiser pendant ce semestre.

Les priorités de la présidence espagnole ont trait aux domaines suivants :

- La consolidation de l'Europe sociale, en mettant l'accent sur l'égalité des sexes et la lutte contre la violence domestique.

- La promotion de l'Europe des citoyens.

- La sortie de la crise économique.  Créer à nouveau de l'emploi et construire une Europe plus compétitive, conformément à la stratégie de Lisbonne, sont des objectifs prioritaires.

- La sécurité énergétique de l'Union européenne et la lutte contre le changement climatique.

- Faire en sorte que l'Europe parle d'une seule voix sur la scène internationale et promouvoir les valeurs communes, la paix et le bien-être.

- Rendre l'Europe encore plus sûre pour ses citoyens, faire face aux défis de l'immigration et créer un espace commun de coopération judiciaire et policière.

En outre, la présidence espagnole recevra les conclusions du rapport du Groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe, que préside Felipe González.

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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 10:00

Commentaires de lecture par Thierry  Defrance (*)

 Traite-Lisbonne-Image-Livre.jpg

 

 

Parmi tous les ouvrages traitant du Traité de Lisbonne ratifié par les 27 pays membres de l’Union Européenne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, on retiendra particulièrement le suivant pour sa précision, sa perspective historique qui le replace dans la construction européenne et surtout la qualité des commentaires détaillés et mis en perspective de pratiquement chacun des articles les plus importants des deux traités.

 

François-Xavier Priollaud, David Siriszky

 « Le Traité de Lisbonne, texte et commentaire article par article des nouveaux traités européens (TUE-TFUE) »

La documentation française

 

Il s’agit d’un instrument de travail indispensable pour qui veut suivre l’évolution présente et future des institutions européennes, établi par deux spécialistes Professeurs à l’ENA et à Sciences Politiques, attachés aux services de l’Assemblée Nationale.  A potasser  absolument.

(*) Thierry Defrance, Président d’Europe Citoyenne

 

Lettre ouverte à Monsieur van Rompuy, Président du Conseil européen.

 

Monsieur le Président,

Nous vous adressons  nos félicitations  personnelles les plus chaleureuses pour votre désignation et votre élévation à la responsabilité de premier Président de l’Europe. Nous voulons vous dire ici, en tant que simples citoyens européens, que nos pensées et plus encore nos vœux les plus sincères vous accompagneront dans votre tâche passionnante mais difficile.

Dans cette fonction de la plus haute importance tout est à créer. Les peuples de l’Europe attendent de vous que, par vos paroles et votre action, vous symbolisiez leurs espoirs,  leurs efforts,  leur réussite.

Notre Association a fêté  le 1er décembre, dans l’enthousiasme mais avec lucidité, l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne tant attendu. Pour emprunter cette expression à l’ancien Président de la Convention, c’est «un jour d’Histoire, un moment d’émotion ». Plus encore, nous reprenons volontiers à notre compte la fameuse phrase du Chancelier Adenauer en Mai 1950 :« Voulez-vous dire à Monsieur Monnet que lorsqu’il m’a proposé son projet j’ai remercié Dieu ?» Aujourd’hui, grâce à cette promesse,  à l’alliance concrète de multitudes d’hommes de bonne volonté, ce projet atteint sous nos yeux une dimension  nouvelle!

             Les enjeux devant vous sont immenses. Les espoirs aussi.

Il serait  donc désormais essentiel  de redonner aux peuples de l’Europe l’ambition de leur bien commun et de leur responsabilité envers le monde.

Ce bien commun il faut le symboliser de manière forte non seulement au niveau de la Commission et du Parlement mais aussi à celui de l’Exécutif.

D’où l’importance  historique de votre Présidence de l’Europe.

 C’est pourquoi nous osons vous présenter la suggestion suivante.

Ne serait-il   pas possible de réunir autour de vous, appuyé par vos collaborateurs, un Conseil  des sages, comme le font les Présidents des Etats-Unis d’Amérique, en une sorte de « Conseil Présidentiel  ? Il serait tourné vers la prospective .Il réunirait, autour de vous, des hommes et des femmes passionnés par l’avenir de notre Europe. Des sages et  mais aussi des jeunes engagés dans cette construction qui apporteraient  là leur exigence du futur commun.

Quelques noms viennent à l’esprit : Jacques Delors  pour sa vision de l’Europe Sociale, Mary Robinson en raison de son expérience à l’ONU pour la défense des droits de l’Homme, Vaira Vike-Faberga, Vice-Présidente du Groupe de Réflexion sur l’Avenir de l’Europe, Joshka  Fischer ,ancien Ministre des Affaires Etrangères de RFA pour son engagement européen ,Felipe Gonzalez ancien Premier Ministre d’Espagne pour sa connaissance du Sud de l’Europe, Jean-Claude Juncker Président de l’Euro-Groupe pour ses compétences financières, une grande figure de l’Europe Centrale comme Vaclav Havel homme politique et écrivain. A nombre égal vous y réuniriez autant de jeunes de différents pays, eux-mêmes passionnés par le devenir de l’Europe.

 Sous votre impulsion ce Conseil des Sages ou Conseil Présidentiel serait chargé  de réfléchir auprès de vous aux grandes orientations  nécessaires. Seule une vision claire  et énergique pourra  combattre le désenchantement  et susciter  l’adhésion croissante des citoyens .Or c’est  la que se trouve la source  première  de la  légitimité du processus européen,  objectif central de notre Association.

 Ainsi,  par une  conscience renouvelée de nos richesses et valeurs communes, se ferait entendre grâce à vous et par  vous, ce que l’on pourrait appeler, pour prendre une comparaison, une sorte d’hymne à l’avenir. Celui-ci, en paroles et en actions humaines, serait la  plus  belle image de « l’Hymne à la joie » de Beethoven, qui deviendra bien un jour le symbole musical de notre Histoire commune.

 Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, les assurances  de notre confiance et de notre haute considération.

Pour EUROPE CITOYENNE

Thierry DEFRANCE

    Président

Les commentaires sont à adresser à : thierry.defrance32@orange.fr

Les articles ci-dessous sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs. L’Association « Europe citoyenne » est notre Partenaire.

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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 09:49

Élections européennes, vous en avez entendu parler ?

La lecture des résultats des dernières élections européennes m’inspire des réflexions très contradictoires : une profonde déception due à la participation catastrophique, au comportement des partis politiques ; une espérance renouvelée dans l’avenir de l’Europe

La participation :

En trente ans, l’abstention a augmenté de 50% ! Depuis les premières élections du Parlement européen, le taux de participation, n’a cessé de se dégrader : de 63% en 1979, il  passe en dessous de 50% en 1999 pour atteindre 40.63% (-2,13 points par rapport au déjà très mauvais score de 2004).

Cette évolution n’épargne presque aucun pays (70% des États concernés), que l’on prenne les pays pionniers de l’Europe, les nouveaux États membres, les grands ou les petits pays, c’est le même constat.

Pourquoi une telle désaffection ? L’attachement à la démocratie est pourtant réel et la campagne des élections européennes n’est pas passée inaperçue, puisque 67% des électeurs se la rappellent (Étude postélectorale  EB71.3 du PE). Dans les élections nationales où les enjeux sont mieux perçus, la participation devient plus acceptable. Toujours dans cette enquête 6 % des votants sont venus parce que « L’Union européenne joue un rôle important dans la vie de tous les jours ».

L’Europe est confrontée à des défis majeurs  qui sont connus des électeurs : la crise ou les crises économiques et financières, la mondialisation avec l’émergence des BRICs, les négociations commerciales de Doha, les enjeux énergétiques, le développement durable, l’écologie, le climat, la montée de nouvelles formes d’insécurité (terrorisme, violences urbaines des banlieues, la montée du communautarisme), la démographie (baisse de la natalité, vieillissement de la population, émigration incontrôlée)….la liste n’et pas exhaustive.

Face aux grands défis du siècle, les européens sont conscients qu’une réponse nationale est insuffisante et que seule l’Europe peut les relever.

Néanmoins, ils ne vont pas voter ! pourquoi, pourquoi ? Il ne peut y avoir une réponse simple à cette question mais un réseau complexe de raisons enchevêtrées, dépendantes les unes des autres qui mériterait une analyse plus profonde. Pour simplifier, j’identifie des facteurs de comportement, des facteurs liés au système électoral et des facteurs institutionnels.

On ne peut trouver de solution aux problèmes de société que nous avons évoqués sans remettre en cause les habitudes et les comportements. La maintenance à l’identique d’une société ne peut avoir qu’une seule issue : sa disparition. Le maintien des avantages acquis, la conquête de nouveaux standards sont profondément  ancrés dans notre subconscient car ils ont caractérisé les 60 dernières années et sont encouragés par des promesses électorales démagogiques des leaders politiques nationaux.

Le système électoral ne facilite pas la lisibilité des enjeux. Le découpage français en grandes circonscriptions déconnectées des grandes régions historiques connues est un non sens  La  compétence européenne des candidats devrait être le premier critère à prendre en compte pour déterminer une liste des candidatures d’un parti, hélas il n’en est rien. Dans son laborieux  et discret processus de décision, le parti doit respecter des règle de parité (homme/femme),  respecter des contraintes politiques internes (personnalités à placer, représentation de tendance). Le résultat est scandaleusement visible avec des parachutages, des cumuls de mandats, des démissions le lendemain d’élections…

Le scrutin proportionnel favorise l’émergence d’une multitude de petites listes non représentatives, dont l’existence est contestable soit par le coté folklorique de leurs revendications, soit par l’ambition affichée de promouvoir des comportements discutables (consommation de cannabis et drogues douces !). De trop nombreuses listes, par exemple 27 pour certaines euro-circonscriptions, brouille dans l’esprit de nos concitoyens le caractère solennel que devrait revêtir toute élection.

Le démarrage très tardif de la campagne ne permet pas de connaître ni d’approfondir les programmes des candidats. Le plus souvent ces programmes sont superficiels, présentent des promesses électorales très générales qui n’engagent que ceux qui les écoutent !

Même si le cumul de mandats de parlementaire national et de député européen, n’est pas possible, le cumul avec un autre mandat électif est une habitude française détestable. Nul ne peut croire qu’il est possible de partager efficacement  son temps entre plusieurs activités exigeantes. Par contre le cumul des avantages matériels associés est parfaitement perçu, et suscite une image dégradée du métier de parlementaire européen.

Pour bon nombre de concitoyens les institutions européennes sont très mal connues en raison de leur complexité. Le Conseil de l’Europe, le Conseil européen, le Conseil de l’union, la Commission européenne, le Parlement européen, la Cour de justice des communautés sont des institutions lointaines dont le rôle est imprécis, le mode de fonctionnement totalement opaque. Ne leur parviennent que des messages tronqués, manipulés, vidés de leur sens. Combien de fois entendons-nous, nos hommes politiques de retour de Bruxelles, mettre en avant leur capacité de conviction pour la victoire qu’ils ont obtenue ou dénoncer avec véhémence la décision bruxelloise qu’ils ont parfois discrètement encouragée. Même si cela n’est pas un mal uniquement français, cela entretient la confusion.

Les résultats :

La comparaison dans le temps du résultat des élections est toujours délicate. Néanmoins on peut noter un glissement vers la droite du Parlement européen qui représente 47,7 % des sièges en 2009 contre 45.1% en 2004. De son coté la gauche recule globalement de 32.9% à 29.8%.

 

Pour les deux autres grandes familles politiques du Parlement européen on peut noter que les centristes de l’ALDE avec 11,4 % perdent 0.7 point, alors que les verts /ALE avec 7,5 % font une percée avec un gain de 2 points.

Au sein de la droite, le PPE conserve son rôle de leader avec 265 sièges (36 % des sièges) malgré le départ des conservateurs britanniques (25 sièges) qui vont rejoindre le groupe des réformateurs à tendance eurosceptique (54 sièges répartis principalement entre les britanniques (25), les polonais (15), les Tchèques (9)).

Au sein de la Gauche, les deux composantes reculent : les socialistes avec 184 sièges qui perdent 34 députés (- 15,7 %), le GUE (autres partis de gauche) avec 35 sièges en perd 6.

En France, les 72 sièges des élections 2009 (contre 78 en 2004) sont répartis de la façon suivante :

 

2009

2004

var

PPE (UMP-NC)

29

18

+11

P&S (PS)

14

31

-17

Vert (Europe-Ecologie)

14

6

+8

ALDE (Modem)

6

10

-4

GUE/NGL

5

3

+2

Autre

4

10

-6

total

72

78

-6

 

Commentaires de campagne :

Quatre mois après les élections, je ne peux m’empêcher d’éprouver une très grande insatisfaction, voire de la colère à l’égard des grands partis politiques qui n’ont tiré aucun enseignement de ce scrutin.

Tout d’abord, les grands perdants de ces élections que sont le Parti Socialiste et le Modem, semblent avoir totalement oublié qu’ils ont été battus pour avoir fait une mauvaise campagne.

L’histoire du Parti Socialiste est une illustration des convictions européennes d’une majorité de ses militants. Or pendant la campagne, je n’ai pas entendu de façon audible un plaidoyer pour la cause européenne. L’Europe est devenue un sujet de discorde entre les éléphants, donc on n’en parle plus. Il est plus facile de s’entendre sur un anti-sarkosysme primaire que d’organiser un débat sur l’Europe. Et puis quand on n’a plus de projet, plus d’idée, rien ne vaut une bonne querelle entre amis qui se détestent depuis toujours. On fait semblant de se réconcilier à La Rochelle, pour mieux se déchirer dès le lendemain. C’est insupportable!

Les centristes ont toujours été de fervents partisans européens, du moins jusqu’à l’arrivée de François Bayrou. Pour satisfaire une ambition personnelle, il a ainsi commencé par casser en deux son parti : d’un coté ses partisans pas très nombreux dans les rangs des élus, de l’autre, les parias, les ennemis internes qui ne croyaient pas au destin présidentiel du chef. Là encore pendant la campagne, il y avait matière à développer une alternative européenne à la conception élyséenne de l’Europe. J’ai le sentiment de n’avoir entendu qu’un assourdissant message anti-sarkosyste. Pour clôturer une campagne médiocre, dans un débat télévisé,  François Bayrou a montré sa fragilité nerveuse face à Daniel Cohn-Bendit. Quatre mois après une nouvelle défaite, a-t-il démissionné ?  Non car il a déjà oublié qu’il y avait eu une élection.

Dans le clan des deux partis qui ont gagné des sièges, il convient de noter que l’un et l’autre ont au moins parlé d’Europe.

La campagne électorale de l’UMP-NC a commencé bien tardivement et n’a été intensive que la dernière semaine. Elle s’est beaucoup appuyée sur la Présidence Française pour défendre une conception de l’Europe des états.

La campagne d’Europe-Ecologie a été exemplaire, par la date de démarrage (décembre), la présence sur le terrain (les marchés), un projet européen cohérent centré sur l’énergie, le climat, le développement durable. Daniel Cohn-Bendit en s’appuyant sur des personnalités de la société civile (Eva Joly), et en contrôlant  habilement le discours des ayatollahs de l’écologie pure et dure. Je salue la performance tout en demeurant convaincu que le thème du développement durable ne peut être monopolisé par un parti. C’est un sujet majeur de société complètement transversal qui appartient à tous et doit être discuté par tous.

Les perspectives de la législature.

La page des élections est tournée, nous avons un nouveau parlement dont les groupes sont plus homogènes. Dans la précédente législature, le groupe PPE a souvent été perturbé par les voix des eurosceptiques britanniques ou tchèques.

Si le référendum irlandais du 2 octobre est favorable et si les 2 derniers pays finalisent la procédure de ratification du traité de Lisbonne, le Parlement sera doté de nouveaux pouvoirs (égalité de droit entre le Conseil des ministres et le PE en matière de budget), les relations entre les parlements nationaux et le Parlement européen seront renforcées.

L’Union Européenne est aujourd’hui la première économie du monde, elle peut et doit faire entendre sa voix et défendre ses intérêts en s’appuyant sur une monnaie forte, sur son modèle original d’organisation démocratique.

Confrontée à un environnement instable (économie, écologie, sécurité), l’Europe a ses faiblesses (non maîtrise des déficits budgétaires, démographie déclinante, processus d’intégration inachevé..), mais elle a aussi des atouts qui reposent sur des valeurs fortes et partagées,  une population bien formée, une bonne maîtrise des technologies une expérience démocratique unique, d’où mon espoir européen.

Par J.C. Houdoin, Conseiller d’Eusaf Chargé des Relations extérieures

Par Eusaf - Publié dans : Analyses & Synthèses
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 09:54

Journée de l’Europe 2009

Compte- rendu du Débat

 

Le 9 mai dernier, pour fêter l’Europe et le 10e anniversaire d’Eusaf, l’association a proposé à des personnalités européennes de participer à une conférence-débat sur le thème « Les élections européennes, nécessité et ambitions » et d’éclairer les citoyens sur les enjeux des élections, elle a demandé à Marianne Ranke-Cormier, tête de liste pour l’Île-de-France de « Newropeans » et Jean-Claude Houdoin, conseiller d’Eusaf d’en débattre.

 

Manoubia Debbiche, conseillère d’ « Eusaf », et modératrice a tout d’abord présenté les deux invités. Marianne Ranke-Cormier est franco-allemande. Juriste de formation, elle a exercé dans un cabinet franco-allemand pendant une quinzaine d’années. Elle travaille aujourd’hui sur différents projets dont notamment le développement de brevets européens. Diplômé de l’Institut d’Administration des Entreprises d’Aix-en-Provence, du Centre Européen de Développement d’Éducation Permanente de Fontainebleau et docteur en Sciences des organisations de l’université de Paris-Dauphine, Jean-Claude Houdoin a exercé au sein d’un groupe automobile des postes de Contrôleur de gestion, de responsable clientèle et a dirigé des filiales financières en Europe et à l’International.

 

Elle a ensuite lancé le débat en s’interrogeant sur la motivation du citoyen européen, sur le risque de voir se réaliser la faible participation annoncée par tous les sondages alors que le rôle du Parlement européen s’accroît et son influence augmente dans la vie quotidienne.

 

Avant de prendre les questions de la salle, elle a proposé à Marianne Cormier de présenter son programme et à Jean-Claude de réagir sur ses propositions.

 

Marianne Ranke-Cormier

« Newropeans» est un mouvement transeuropéen non partisan au sens classique du terme. En effet, ce mouvement, qui a pris sa forme actuelle après les référendums néerlandais et français de 2005, est bien implanté aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, pays dans lesquels il présente des listes de candidats. « Newropeans » est aussi présent en Italie, en Espagne et a vocation à s’étendre aux autres pays européens. Son objectif est de créer une véritable démocratie en Europe en donnant le pouvoir au Citoyen et en favorisant la création de partis vraiment européens. Il faudrait aussi que les procédures soient unifiées : droit de vote au même âge, mêmes règles d’attribution des sièges, des partis européens présentant des listes européennes sur des programmes européens…

 

En Europe aujourd’hui, le pouvoir est exercé par des chefs d’états élus davantage pour défendre des intérêts nationaux que pour promouvoir l’Europe, et par des politiciens désignés par un parti préoccupé par des problèmes nationaux. Le pouvoir exécutif est exercé par une Commission dont le président est proposé par le Conseil Européen et les commissaires désignés par les pays après validation du Parlement Européen. La gestion au quotidien est assurée par des fonctionnaires protégés par un statut que rien ne peut remettre en cause, et qui subissent la pression de lobbyistes.

Dans une Europe élargie, les futurs traités devraient être soumis à un référendum citoyen transeuropéen et non à des « referenda » nationaux. Or aujourd’hui, après le «non » français de 2005, il a été décidé de ne pas soumettre l’adoption du traité de Lisbonne à l’accord des Français… Cela ne me semble pas être très démocratique.

 

Jean-Claude Houdoin

Je voudrais intervenir sur la question du traité de Lisbonne. Je ne peux pas laisser dire que le processus d’adoption par le Parlement français n’est pas démocratique. En effet, le texte a été approuvé par l’Assemblée Nationale et par le Sénat qui sont parfaitement habilités pour le faire. Les membres de ces deux institutions parlementaires sont élus démocratiquement. D’autre part, proposer aux électeurs de répondre par « oui » ou par « non » à une question complexe ne me paraît pas la meilleure solution.  Le référendum n’est pas forcément la procédure la mieux adaptée et peut, au contraire, ouvrir la porte à la démagogie. Le résultat du référendum de 2005 indique clairement une coalition de « nons » très différents selon que l’on était, souverainiste, de droite, de gauche.

 

Je partage l’avis de Marianne sur la perfectibilité des institutions européennes, mais chaque étape de la construction européenne est un progrès. L’Europe d’hier est différente de l’Europe d’aujourd’hui qui elle-même est très certainement différente de l’Europe telle qu’elle sera demain. C’est une richesse pour l’Europe que de savoir évoluer, s’adapter au monde qui change.

 

Je voudrais également revenir sur l’inquiétude manifestée par notre modératrice. Les derniers sondages annoncent un probable record d’abstentions. Quand on l’interroge, le citoyen européen motive son « désintérêt » par sa méconnaissance du rôle de l’eurodéputé (64 %), par le sentiment que « mon vote ne change rien » (62 %). Il est de notre responsabilité d’informer nos concitoyens sur les pouvoirs du Parlement et de leur répéter que chaque voix, chaque vote compte. S’ils ne votent pas, ils laissent les autres décider pour à leur place. En tant que membre de plusieurs associations européennes, je n’ai aucune autre consigne de vote que votez, VOTEZ, VOTEZ….

 

Manoubia Debbiche

Le débat est maintenant lancé, Mme Ranke-Cormier, voulez-vous nous parler de votre programme, de votre « ambition » pour l’Europe ?

 

Marianne Ranke-Cormier

La campagne de « Newropeans » s’articule en quatre volets :

-          une Europe plus démocratique

-          une Europe pour les Européens

-          une Europe qui protège ses citoyens

-          la place de l’Europe dans le monde

J’ai abordé tout à l’heure le premier point, aussi est-il temps de préciser que l’Europe que nous voulons construire est l’Europe des européens. Pour cela nous voulons intégrer la dimension européenne dans les domaines de l’éducation, la mobilité, l’apprentissage des langues, les télécommunications, la communication, les médias et les transports. Tous ces secteurs ont en commun d’être des vecteurs de rapprochement des européens et des peuples européens.

Nous voulons ainsi :

-          favoriser la mobilité européenne en développant un programme d’échanges de type « Erasmus » pour 500 000 jeunes citoyens ;

-          encourager l’apprentissage d’au moins deux langues européennes dans toutes les classes du secondaire ;

-          favoriser pour les associations, l’émergence d’un statut européen transfrontalier qui permettre aux citoyens de bénéficier des mêmes droits, des mêmes possibilités que ceux donnés aux entreprises ;

-          décentraliser les institutions européennes hors de Bruxelles pour rapprocher l’Europe des citoyens ;

-          assurer des coûts de communications transfrontalières (télécom et transport) aussi bas que possible au sein du territoire de l’Union.

Dans le domaine de la protection du citoyen contre les excès du marché, « Newropeans » veut renforcer les droits du consommateur, favoriser le développement durable, la sécurité sociale… et mettre en place une réglementation transeuropéenne de la sphère financière.

 

Jean-Claude Houdoin

Je pense comme Marianne que les deux premiers sujets qu’elle vient de développer sont essentiels. Il me semble cependant que l’Europe travaille déjà sur ces questions depuis plusieurs années. Et si, certes, le programme « Erasmus » n’est pas encore étendu à 500 000 jeunes, l’apprentissage de 2 langues européennes ne me paraît pas une nouveauté. Et je répète que j’approuve pleinement ces propositions.

 

Marianne Ranke-Cormier

Merci. Le dernier volet de notre programme concerne la place de l’Europe dans le monde. L’émergence de nouvelles puissances comme la Chine, l’Inde, le Brésil, a réduit le rôle des États nations de l’Europe. « Newropeans » souhaite donner à l’Europe un rôle international reconnu. Nous proposons :

- un siège unique au conseil de sécurité de l’ONU,

- une politique de défense européenne commune,

- une politique de premier plan pour régler le conflit israélo-palestinien

- une politique d’immigration qui aille de pair avec une politique de développement

- un rôle proéminent pour construire le système international

- une politique internationale guidée par les intérêts des Européens

 

Jean-Claude Houdoin

Pour l’européen « fédéraliste » que je suis, ces propositions ne me choquent pas du tout. On pourrait compléter cette liste en ajoutant une armée commune, mais peut-être que cela est sous entendu dans la défense européenne commune. Je ne suis hélas pas certain, que ces objectifs soient réalisables dans l’horizon de la prochaine législature, car bon nombre de pays européens ne sont pas prêts à l’accepter. Si le traité de Lisbonne finit pas être approuvé, il apportera un début de solution dans ce sens avec la création du Président du Conseil Européen élu pour deux ans et demi, la création du haut représentant aux affaires étrangères.

 

Manoubia Debbiche

Pour respecter nos contraintes horaires, je voudrais donner la parole à la salle en prenant une première question.

 

 1ère intervention de la salle (synthèse de la première salve de questions par le modérateur)

 

« Pour le citoyen moyen, les institutions européennes paraissent compliquées et surtout préoccupées par des problématiques très éloignées des difficultés du quotidien. La vie de tous les jours, c’est la peur du chômage, c’est le pouvoir d’achat ».

 

Jean-Claude Houdoin

Je comprends vos inquiétudes, mais ne croyez pas que l’Europe les ignore. Le Parlement Européen, représenté dans cette salle, procède à des enquêtes régulières appelées des « eurobaromètres ». Le dernier sondage montre que le chômage est devenu avec 57 % la première préoccupation (en progression de 10 points par rapport à l’enquête précédente), la croissance économique le second sujet avec 52 % (en progression de 7 points), l’inflation et le pouvoir d’achat le troisième sujet avec 40 %. Y répond-il de façon satisfaisante aux yeux des citoyens ? Sondés également sur cette question, 44 % des européens considèrent que les États membres ont réagi de manière individuelle à la crise (contre 39 %). Et 61 % considèrent qu’ils auraient été mieux protégés si les États membres adoptaient une approche coordonnée. Il est donc clair que le citoyen européen n’approuve pas l’action individuelle des États membres et qu’ils attendent plus d’efficacité d’une réaction collective.

 

Marianne Ranke-Cormier

 « Newropeans » partage votre analyse et veut rapprocher l’Europe du citoyen en décentralisant ses institutions. « Newropeans » veut aussi rendre l’Europe plus forte pour qu’elle soit mieux entendue et qu’elle puisse mieux défendre ses intérêts. Divisée, l’Europe est faible et ne peut négocier en tant que puissance que cela soit dans la défense de ses intérêts commerciaux, financiers, dans les domaines de l’énergie ou du développement durable.

 

2e intervention de la salle :

« L’Europe sociale n’existe pas et la concurrence est déloyale à l’intérieur de l’Europe. N’est-il pas temps d’imposer à tous des règles sociales communes et d’interdire le dumping social et fiscal ? L’Europe c’est la porte ouverte à la mondialisation, c’est la concurrence des pays à bas coût, c’est la remise en cause des avantages sociaux acquis dans un environnement sécurisé par des frontières fermées ».

 

Marianne Ranke-Cormier

Nous voulons une Europe pour les européens et non une Europe au service de multinationales, soumise à la volonté des puissances comme les États-Unis ou la Russie        qui défendent admirablement leurs intérêts et ne voient dans une Europe qu’un marché. Nous voulons une Europe qui protège le citoyen, le consommateur, les travailleurs. Nous voulons aussi défendre le tissu économique des petites et moyennes entreprises en assurant que l’Europe développe également une dimension sociale et durable.

 

Jean-Claude Houdoin

Ce catalogue de bonnes intentions me paraît tout-à-fait louable, mais je pense que notre interlocuteur voulait aborder le problème de l’harmonisation sociale afin d’éviter une concurrence déloyale bâtie sur une différence de niveaux de vie, de systèmes sociaux au sein même de l’Europe.

 

Il s’agit là d’une véritable difficulté, car il conviendrait de mener de front à la fois une harmonisation sociale et une harmonisation fiscale. Par ailleurs je doute que les citoyens des différents pays soient mûrs pour remettre en cause leur propre système social. Pour un Suédois, un Danois, un Allemand, un Français, son système social est le meilleur, je veux bien une harmonisation du système social à condition que les autres adoptent le mien. Rien n’est évidemment impossible mais peu réaliste à court terme. Une réflexion sur le sujet serait néanmoins souhaitable pour définir un plan de marche d’une harmonisation progressive par étape, avec des points de passage qui engagent chaque pays dans une convergence. En parallèle, une réflexion sur la TVA sociale permettant d’atténuer les effets de concurrence sociale devrait aussi être menée.

 

Dernière intervention de la salle :

« Vous avez parlé du régime privilégié des fonctionnaires européens, en termes de fiscalité et de protection juridique et sociale. Comment peut-on revenir sur ces avantages exorbitants ? »

 

Marianne Ranke-Cormier

En effet, le fonctionnaire européen bénéficie d’avantages importants et en particulier du privilège tout-à-fait injuste une « immunité juridique » à vie. La remise en cause de ce privilège est l’un des combats engagés par « Newropeans ». Cette immunité ne peut être levée qu’à la demande des autorités judiciaires belges à la Commission qui peut ne pas l’accepter et ainsi mettre fin à toute action. Franck Biancheri, président de « Newropeans », s’est personnellement impliqué dans ce combat et veut que « Les fonctionnaires de l’UE soient légalement responsables aux yeux du système judiciaire du pays où leur institution se trouve. Ils devraient jouir d’un statut juridique semblable aux fonctionnaires nationaux de ce pays même ».

 

Manoubia Debbiche

Je dois hélas mettre fin à ce débat passionnant pour respecter le timing de notre journée, mais avant je veux surtout remercier Eusaf de l’avoir organisé et nos intervenants de conclure en deux mots.

 

Jean-Claude Houdoin

Ne laissez pas les autres choisir à votre place : VOTEZ, VOTEZ, VOTEZ !

 

Marianne Ranke-Cormier

Voter NEWROPEANS !

Par Eusaf - Publié dans : Activités
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