Mercredi 4 novembre 2009 3 04 11 2009 09:49

Élections européennes, vous en avez entendu parler ?

La lecture des résultats des dernières élections européennes m’inspire des réflexions très contradictoires : une profonde déception due à la participation catastrophique, au comportement des partis politiques ; une espérance renouvelée dans l’avenir de l’Europe

La participation :

En trente ans, l’abstention a augmenté de 50% ! Depuis les premières élections du Parlement européen, le taux de participation, n’a cessé de se dégrader : de 63% en 1979, il  passe en dessous de 50% en 1999 pour atteindre 40.63% (-2,13 points par rapport au déjà très mauvais score de 2004).

Cette évolution n’épargne presque aucun pays (70% des États concernés), que l’on prenne les pays pionniers de l’Europe, les nouveaux États membres, les grands ou les petits pays, c’est le même constat.

Pourquoi une telle désaffection ? L’attachement à la démocratie est pourtant réel et la campagne des élections européennes n’est pas passée inaperçue, puisque 67% des électeurs se la rappellent (Étude postélectorale  EB71.3 du PE). Dans les élections nationales où les enjeux sont mieux perçus, la participation devient plus acceptable. Toujours dans cette enquête 6 % des votants sont venus parce que « L’Union européenne joue un rôle important dans la vie de tous les jours ».

L’Europe est confrontée à des défis majeurs  qui sont connus des électeurs : la crise ou les crises économiques et financières, la mondialisation avec l’émergence des BRICs, les négociations commerciales de Doha, les enjeux énergétiques, le développement durable, l’écologie, le climat, la montée de nouvelles formes d’insécurité (terrorisme, violences urbaines des banlieues, la montée du communautarisme), la démographie (baisse de la natalité, vieillissement de la population, émigration incontrôlée)….la liste n’et pas exhaustive.

Face aux grands défis du siècle, les européens sont conscients qu’une réponse nationale est insuffisante et que seule l’Europe peut les relever.

Néanmoins, ils ne vont pas voter ! pourquoi, pourquoi ? Il ne peut y avoir une réponse simple à cette question mais un réseau complexe de raisons enchevêtrées, dépendantes les unes des autres qui mériterait une analyse plus profonde. Pour simplifier, j’identifie des facteurs de comportement, des facteurs liés au système électoral et des facteurs institutionnels.

On ne peut trouver de solution aux problèmes de société que nous avons évoqués sans remettre en cause les habitudes et les comportements. La maintenance à l’identique d’une société ne peut avoir qu’une seule issue : sa disparition. Le maintien des avantages acquis, la conquête de nouveaux standards sont profondément  ancrés dans notre subconscient car ils ont caractérisé les 60 dernières années et sont encouragés par des promesses électorales démagogiques des leaders politiques nationaux.

Le système électoral ne facilite pas la lisibilité des enjeux. Le découpage français en grandes circonscriptions déconnectées des grandes régions historiques connues est un non sens  La  compétence européenne des candidats devrait être le premier critère à prendre en compte pour déterminer une liste des candidatures d’un parti, hélas il n’en est rien. Dans son laborieux  et discret processus de décision, le parti doit respecter des règle de parité (homme/femme),  respecter des contraintes politiques internes (personnalités à placer, représentation de tendance). Le résultat est scandaleusement visible avec des parachutages, des cumuls de mandats, des démissions le lendemain d’élections…

Le scrutin proportionnel favorise l’émergence d’une multitude de petites listes non représentatives, dont l’existence est contestable soit par le coté folklorique de leurs revendications, soit par l’ambition affichée de promouvoir des comportements discutables (consommation de cannabis et drogues douces !). De trop nombreuses listes, par exemple 27 pour certaines euro-circonscriptions, brouille dans l’esprit de nos concitoyens le caractère solennel que devrait revêtir toute élection.

Le démarrage très tardif de la campagne ne permet pas de connaître ni d’approfondir les programmes des candidats. Le plus souvent ces programmes sont superficiels, présentent des promesses électorales très générales qui n’engagent que ceux qui les écoutent !

Même si le cumul de mandats de parlementaire national et de député européen, n’est pas possible, le cumul avec un autre mandat électif est une habitude française détestable. Nul ne peut croire qu’il est possible de partager efficacement  son temps entre plusieurs activités exigeantes. Par contre le cumul des avantages matériels associés est parfaitement perçu, et suscite une image dégradée du métier de parlementaire européen.

Pour bon nombre de concitoyens les institutions européennes sont très mal connues en raison de leur complexité. Le Conseil de l’Europe, le Conseil européen, le Conseil de l’union, la Commission européenne, le Parlement européen, la Cour de justice des communautés sont des institutions lointaines dont le rôle est imprécis, le mode de fonctionnement totalement opaque. Ne leur parviennent que des messages tronqués, manipulés, vidés de leur sens. Combien de fois entendons-nous, nos hommes politiques de retour de Bruxelles, mettre en avant leur capacité de conviction pour la victoire qu’ils ont obtenue ou dénoncer avec véhémence la décision bruxelloise qu’ils ont parfois discrètement encouragée. Même si cela n’est pas un mal uniquement français, cela entretient la confusion.

Les résultats :

La comparaison dans le temps du résultat des élections est toujours délicate. Néanmoins on peut noter un glissement vers la droite du Parlement européen qui représente 47,7 % des sièges en 2009 contre 45.1% en 2004. De son coté la gauche recule globalement de 32.9% à 29.8%.

 

Pour les deux autres grandes familles politiques du Parlement européen on peut noter que les centristes de l’ALDE avec 11,4 % perdent 0.7 point, alors que les verts /ALE avec 7,5 % font une percée avec un gain de 2 points.

Au sein de la droite, le PPE conserve son rôle de leader avec 265 sièges (36 % des sièges) malgré le départ des conservateurs britanniques (25 sièges) qui vont rejoindre le groupe des réformateurs à tendance eurosceptique (54 sièges répartis principalement entre les britanniques (25), les polonais (15), les Tchèques (9)).

Au sein de la Gauche, les deux composantes reculent : les socialistes avec 184 sièges qui perdent 34 députés (- 15,7 %), le GUE (autres partis de gauche) avec 35 sièges en perd 6.

En France, les 72 sièges des élections 2009 (contre 78 en 2004) sont répartis de la façon suivante :

 

2009

2004

var

PPE (UMP-NC)

29

18

+11

P&S (PS)

14

31

-17

Vert (Europe-Ecologie)

14

6

+8

ALDE (Modem)

6

10

-4

GUE/NGL

5

3

+2

Autre

4

10

-6

total

72

78

-6

 

Commentaires de campagne :

Quatre mois après les élections, je ne peux m’empêcher d’éprouver une très grande insatisfaction, voire de la colère à l’égard des grands partis politiques qui n’ont tiré aucun enseignement de ce scrutin.

Tout d’abord, les grands perdants de ces élections que sont le Parti Socialiste et le Modem, semblent avoir totalement oublié qu’ils ont été battus pour avoir fait une mauvaise campagne.

L’histoire du Parti Socialiste est une illustration des convictions européennes d’une majorité de ses militants. Or pendant la campagne, je n’ai pas entendu de façon audible un plaidoyer pour la cause européenne. L’Europe est devenue un sujet de discorde entre les éléphants, donc on n’en parle plus. Il est plus facile de s’entendre sur un anti-sarkosysme primaire que d’organiser un débat sur l’Europe. Et puis quand on n’a plus de projet, plus d’idée, rien ne vaut une bonne querelle entre amis qui se détestent depuis toujours. On fait semblant de se réconcilier à La Rochelle, pour mieux se déchirer dès le lendemain. C’est insupportable!

Les centristes ont toujours été de fervents partisans européens, du moins jusqu’à l’arrivée de François Bayrou. Pour satisfaire une ambition personnelle, il a ainsi commencé par casser en deux son parti : d’un coté ses partisans pas très nombreux dans les rangs des élus, de l’autre, les parias, les ennemis internes qui ne croyaient pas au destin présidentiel du chef. Là encore pendant la campagne, il y avait matière à développer une alternative européenne à la conception élyséenne de l’Europe. J’ai le sentiment de n’avoir entendu qu’un assourdissant message anti-sarkosyste. Pour clôturer une campagne médiocre, dans un débat télévisé,  François Bayrou a montré sa fragilité nerveuse face à Daniel Cohn-Bendit. Quatre mois après une nouvelle défaite, a-t-il démissionné ?  Non car il a déjà oublié qu’il y avait eu une élection.

Dans le clan des deux partis qui ont gagné des sièges, il convient de noter que l’un et l’autre ont au moins parlé d’Europe.

La campagne électorale de l’UMP-NC a commencé bien tardivement et n’a été intensive que la dernière semaine. Elle s’est beaucoup appuyée sur la Présidence Française pour défendre une conception de l’Europe des états.

La campagne d’Europe-Ecologie a été exemplaire, par la date de démarrage (décembre), la présence sur le terrain (les marchés), un projet européen cohérent centré sur l’énergie, le climat, le développement durable. Daniel Cohn-Bendit en s’appuyant sur des personnalités de la société civile (Eva Joly), et en contrôlant  habilement le discours des ayatollahs de l’écologie pure et dure. Je salue la performance tout en demeurant convaincu que le thème du développement durable ne peut être monopolisé par un parti. C’est un sujet majeur de société complètement transversal qui appartient à tous et doit être discuté par tous.

Les perspectives de la législature.

La page des élections est tournée, nous avons un nouveau parlement dont les groupes sont plus homogènes. Dans la précédente législature, le groupe PPE a souvent été perturbé par les voix des eurosceptiques britanniques ou tchèques.

Si le référendum irlandais du 2 octobre est favorable et si les 2 derniers pays finalisent la procédure de ratification du traité de Lisbonne, le Parlement sera doté de nouveaux pouvoirs (égalité de droit entre le Conseil des ministres et le PE en matière de budget), les relations entre les parlements nationaux et le Parlement européen seront renforcées.

L’Union Européenne est aujourd’hui la première économie du monde, elle peut et doit faire entendre sa voix et défendre ses intérêts en s’appuyant sur une monnaie forte, sur son modèle original d’organisation démocratique.

Confrontée à un environnement instable (économie, écologie, sécurité), l’Europe a ses faiblesses (non maîtrise des déficits budgétaires, démographie déclinante, processus d’intégration inachevé..), mais elle a aussi des atouts qui reposent sur des valeurs fortes et partagées,  une population bien formée, une bonne maîtrise des technologies une expérience démocratique unique, d’où mon espoir européen.

Par J.C. Houdoin, Conseiller d’Eusaf Chargé des Relations extérieures

Par Eusaf - Publié dans : Analyses & Synthèses
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 09 2009 09:54

Journée de l’Europe 2009

Compte- rendu du Débat

 

Le 9 mai dernier, pour fêter l’Europe et le 10e anniversaire d’Eusaf, l’association a proposé à des personnalités européennes de participer à une conférence-débat sur le thème « Les élections européennes, nécessité et ambitions » et d’éclairer les citoyens sur les enjeux des élections, elle a demandé à Marianne Ranke-Cormier, tête de liste pour l’Île-de-France de « Newropeans » et Jean-Claude Houdoin, conseiller d’Eusaf d’en débattre.

 

Manoubia Debbiche, conseillère d’ « Eusaf », et modératrice a tout d’abord présenté les deux invités. Marianne Ranke-Cormier est franco-allemande. Juriste de formation, elle a exercé dans un cabinet franco-allemand pendant une quinzaine d’années. Elle travaille aujourd’hui sur différents projets dont notamment le développement de brevets européens. Diplômé de l’Institut d’Administration des Entreprises d’Aix-en-Provence, du Centre Européen de Développement d’Éducation Permanente de Fontainebleau et docteur en Sciences des organisations de l’université de Paris-Dauphine, Jean-Claude Houdoin a exercé au sein d’un groupe automobile des postes de Contrôleur de gestion, de responsable clientèle et a dirigé des filiales financières en Europe et à l’International.

 

Elle a ensuite lancé le débat en s’interrogeant sur la motivation du citoyen européen, sur le risque de voir se réaliser la faible participation annoncée par tous les sondages alors que le rôle du Parlement européen s’accroît et son influence augmente dans la vie quotidienne.

 

Avant de prendre les questions de la salle, elle a proposé à Marianne Cormier de présenter son programme et à Jean-Claude de réagir sur ses propositions.

 

Marianne Ranke-Cormier

« Newropeans» est un mouvement transeuropéen non partisan au sens classique du terme. En effet, ce mouvement, qui a pris sa forme actuelle après les référendums néerlandais et français de 2005, est bien implanté aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, pays dans lesquels il présente des listes de candidats. « Newropeans » est aussi présent en Italie, en Espagne et a vocation à s’étendre aux autres pays européens. Son objectif est de créer une véritable démocratie en Europe en donnant le pouvoir au Citoyen et en favorisant la création de partis vraiment européens. Il faudrait aussi que les procédures soient unifiées : droit de vote au même âge, mêmes règles d’attribution des sièges, des partis européens présentant des listes européennes sur des programmes européens…

 

En Europe aujourd’hui, le pouvoir est exercé par des chefs d’états élus davantage pour défendre des intérêts nationaux que pour promouvoir l’Europe, et par des politiciens désignés par un parti préoccupé par des problèmes nationaux. Le pouvoir exécutif est exercé par une Commission dont le président est proposé par le Conseil Européen et les commissaires désignés par les pays après validation du Parlement Européen. La gestion au quotidien est assurée par des fonctionnaires protégés par un statut que rien ne peut remettre en cause, et qui subissent la pression de lobbyistes.

Dans une Europe élargie, les futurs traités devraient être soumis à un référendum citoyen transeuropéen et non à des « referenda » nationaux. Or aujourd’hui, après le «non » français de 2005, il a été décidé de ne pas soumettre l’adoption du traité de Lisbonne à l’accord des Français… Cela ne me semble pas être très démocratique.

 

Jean-Claude Houdoin

Je voudrais intervenir sur la question du traité de Lisbonne. Je ne peux pas laisser dire que le processus d’adoption par le Parlement français n’est pas démocratique. En effet, le texte a été approuvé par l’Assemblée Nationale et par le Sénat qui sont parfaitement habilités pour le faire. Les membres de ces deux institutions parlementaires sont élus démocratiquement. D’autre part, proposer aux électeurs de répondre par « oui » ou par « non » à une question complexe ne me paraît pas la meilleure solution.  Le référendum n’est pas forcément la procédure la mieux adaptée et peut, au contraire, ouvrir la porte à la démagogie. Le résultat du référendum de 2005 indique clairement une coalition de « nons » très différents selon que l’on était, souverainiste, de droite, de gauche.

 

Je partage l’avis de Marianne sur la perfectibilité des institutions européennes, mais chaque étape de la construction européenne est un progrès. L’Europe d’hier est différente de l’Europe d’aujourd’hui qui elle-même est très certainement différente de l’Europe telle qu’elle sera demain. C’est une richesse pour l’Europe que de savoir évoluer, s’adapter au monde qui change.

 

Je voudrais également revenir sur l’inquiétude manifestée par notre modératrice. Les derniers sondages annoncent un probable record d’abstentions. Quand on l’interroge, le citoyen européen motive son « désintérêt » par sa méconnaissance du rôle de l’eurodéputé (64 %), par le sentiment que « mon vote ne change rien » (62 %). Il est de notre responsabilité d’informer nos concitoyens sur les pouvoirs du Parlement et de leur répéter que chaque voix, chaque vote compte. S’ils ne votent pas, ils laissent les autres décider pour à leur place. En tant que membre de plusieurs associations européennes, je n’ai aucune autre consigne de vote que votez, VOTEZ, VOTEZ….

 

Manoubia Debbiche

Le débat est maintenant lancé, Mme Ranke-Cormier, voulez-vous nous parler de votre programme, de votre « ambition » pour l’Europe ?

 

Marianne Ranke-Cormier

La campagne de « Newropeans » s’articule en quatre volets :

-          une Europe plus démocratique

-          une Europe pour les Européens

-          une Europe qui protège ses citoyens

-          la place de l’Europe dans le monde

J’ai abordé tout à l’heure le premier point, aussi est-il temps de préciser que l’Europe que nous voulons construire est l’Europe des européens. Pour cela nous voulons intégrer la dimension européenne dans les domaines de l’éducation, la mobilité, l’apprentissage des langues, les télécommunications, la communication, les médias et les transports. Tous ces secteurs ont en commun d’être des vecteurs de rapprochement des européens et des peuples européens.

Nous voulons ainsi :

-          favoriser la mobilité européenne en développant un programme d’échanges de type « Erasmus » pour 500 000 jeunes citoyens ;

-          encourager l’apprentissage d’au moins deux langues européennes dans toutes les classes du secondaire ;

-          favoriser pour les associations, l’émergence d’un statut européen transfrontalier qui permettre aux citoyens de bénéficier des mêmes droits, des mêmes possibilités que ceux donnés aux entreprises ;

-          décentraliser les institutions européennes hors de Bruxelles pour rapprocher l’Europe des citoyens ;

-          assurer des coûts de communications transfrontalières (télécom et transport) aussi bas que possible au sein du territoire de l’Union.

Dans le domaine de la protection du citoyen contre les excès du marché, « Newropeans » veut renforcer les droits du consommateur, favoriser le développement durable, la sécurité sociale… et mettre en place une réglementation transeuropéenne de la sphère financière.

 

Jean-Claude Houdoin

Je pense comme Marianne que les deux premiers sujets qu’elle vient de développer sont essentiels. Il me semble cependant que l’Europe travaille déjà sur ces questions depuis plusieurs années. Et si, certes, le programme « Erasmus » n’est pas encore étendu à 500 000 jeunes, l’apprentissage de 2 langues européennes ne me paraît pas une nouveauté. Et je répète que j’approuve pleinement ces propositions.

 

Marianne Ranke-Cormier

Merci. Le dernier volet de notre programme concerne la place de l’Europe dans le monde. L’émergence de nouvelles puissances comme la Chine, l’Inde, le Brésil, a réduit le rôle des États nations de l’Europe. « Newropeans » souhaite donner à l’Europe un rôle international reconnu. Nous proposons :

- un siège unique au conseil de sécurité de l’ONU,

- une politique de défense européenne commune,

- une politique de premier plan pour régler le conflit israélo-palestinien

- une politique d’immigration qui aille de pair avec une politique de développement

- un rôle proéminent pour construire le système international

- une politique internationale guidée par les intérêts des Européens

 

Jean-Claude Houdoin

Pour l’européen « fédéraliste » que je suis, ces propositions ne me choquent pas du tout. On pourrait compléter cette liste en ajoutant une armée commune, mais peut-être que cela est sous entendu dans la défense européenne commune. Je ne suis hélas pas certain, que ces objectifs soient réalisables dans l’horizon de la prochaine législature, car bon nombre de pays européens ne sont pas prêts à l’accepter. Si le traité de Lisbonne finit pas être approuvé, il apportera un début de solution dans ce sens avec la création du Président du Conseil Européen élu pour deux ans et demi, la création du haut représentant aux affaires étrangères.

 

Manoubia Debbiche

Pour respecter nos contraintes horaires, je voudrais donner la parole à la salle en prenant une première question.

 

 1ère intervention de la salle (synthèse de la première salve de questions par le modérateur)

 

« Pour le citoyen moyen, les institutions européennes paraissent compliquées et surtout préoccupées par des problématiques très éloignées des difficultés du quotidien. La vie de tous les jours, c’est la peur du chômage, c’est le pouvoir d’achat ».

 

Jean-Claude Houdoin

Je comprends vos inquiétudes, mais ne croyez pas que l’Europe les ignore. Le Parlement Européen, représenté dans cette salle, procède à des enquêtes régulières appelées des « eurobaromètres ». Le dernier sondage montre que le chômage est devenu avec 57 % la première préoccupation (en progression de 10 points par rapport à l’enquête précédente), la croissance économique le second sujet avec 52 % (en progression de 7 points), l’inflation et le pouvoir d’achat le troisième sujet avec 40 %. Y répond-il de façon satisfaisante aux yeux des citoyens ? Sondés également sur cette question, 44 % des européens considèrent que les États membres ont réagi de manière individuelle à la crise (contre 39 %). Et 61 % considèrent qu’ils auraient été mieux protégés si les États membres adoptaient une approche coordonnée. Il est donc clair que le citoyen européen n’approuve pas l’action individuelle des États membres et qu’ils attendent plus d’efficacité d’une réaction collective.

 

Marianne Ranke-Cormier

 « Newropeans » partage votre analyse et veut rapprocher l’Europe du citoyen en décentralisant ses institutions. « Newropeans » veut aussi rendre l’Europe plus forte pour qu’elle soit mieux entendue et qu’elle puisse mieux défendre ses intérêts. Divisée, l’Europe est faible et ne peut négocier en tant que puissance que cela soit dans la défense de ses intérêts commerciaux, financiers, dans les domaines de l’énergie ou du développement durable.

 

2e intervention de la salle :

« L’Europe sociale n’existe pas et la concurrence est déloyale à l’intérieur de l’Europe. N’est-il pas temps d’imposer à tous des règles sociales communes et d’interdire le dumping social et fiscal ? L’Europe c’est la porte ouverte à la mondialisation, c’est la concurrence des pays à bas coût, c’est la remise en cause des avantages sociaux acquis dans un environnement sécurisé par des frontières fermées ».

 

Marianne Ranke-Cormier

Nous voulons une Europe pour les européens et non une Europe au service de multinationales, soumise à la volonté des puissances comme les États-Unis ou la Russie        qui défendent admirablement leurs intérêts et ne voient dans une Europe qu’un marché. Nous voulons une Europe qui protège le citoyen, le consommateur, les travailleurs. Nous voulons aussi défendre le tissu économique des petites et moyennes entreprises en assurant que l’Europe développe également une dimension sociale et durable.

 

Jean-Claude Houdoin

Ce catalogue de bonnes intentions me paraît tout-à-fait louable, mais je pense que notre interlocuteur voulait aborder le problème de l’harmonisation sociale afin d’éviter une concurrence déloyale bâtie sur une différence de niveaux de vie, de systèmes sociaux au sein même de l’Europe.

 

Il s’agit là d’une véritable difficulté, car il conviendrait de mener de front à la fois une harmonisation sociale et une harmonisation fiscale. Par ailleurs je doute que les citoyens des différents pays soient mûrs pour remettre en cause leur propre système social. Pour un Suédois, un Danois, un Allemand, un Français, son système social est le meilleur, je veux bien une harmonisation du système social à condition que les autres adoptent le mien. Rien n’est évidemment impossible mais peu réaliste à court terme. Une réflexion sur le sujet serait néanmoins souhaitable pour définir un plan de marche d’une harmonisation progressive par étape, avec des points de passage qui engagent chaque pays dans une convergence. En parallèle, une réflexion sur la TVA sociale permettant d’atténuer les effets de concurrence sociale devrait aussi être menée.

 

Dernière intervention de la salle :

« Vous avez parlé du régime privilégié des fonctionnaires européens, en termes de fiscalité et de protection juridique et sociale. Comment peut-on revenir sur ces avantages exorbitants ? »

 

Marianne Ranke-Cormier

En effet, le fonctionnaire européen bénéficie d’avantages importants et en particulier du privilège tout-à-fait injuste une « immunité juridique » à vie. La remise en cause de ce privilège est l’un des combats engagés par « Newropeans ». Cette immunité ne peut être levée qu’à la demande des autorités judiciaires belges à la Commission qui peut ne pas l’accepter et ainsi mettre fin à toute action. Franck Biancheri, président de « Newropeans », s’est personnellement impliqué dans ce combat et veut que « Les fonctionnaires de l’UE soient légalement responsables aux yeux du système judiciaire du pays où leur institution se trouve. Ils devraient jouir d’un statut juridique semblable aux fonctionnaires nationaux de ce pays même ».

 

Manoubia Debbiche

Je dois hélas mettre fin à ce débat passionnant pour respecter le timing de notre journée, mais avant je veux surtout remercier Eusaf de l’avoir organisé et nos intervenants de conclure en deux mots.

 

Jean-Claude Houdoin

Ne laissez pas les autres choisir à votre place : VOTEZ, VOTEZ, VOTEZ !

 

Marianne Ranke-Cormier

Voter NEWROPEANS !

Par Eusaf - Publié dans : Activités
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 05 2009 17:12

Nous avons célébré, en hommage à la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950,

La Journée de l’Europe

et avons fait le point avec les citoyens sur les élections européennes du 7 juin 2009 au cours de la conférence-débat qui a eu lieu sur le thème :

« Les élections européennes, nécessité et ambitions »

Avec les Intervenants :
Manoubia DEBBICHE, Membre du Conseil d’ Eusaf
Marianne Ranke-Cormier, Tête de liste Newropeans en Île de France pour les élections         européennes
Michel GOBILLON, Tête de liste Newropeans au Nord pour les élections européennes (Sous réserve)
Jean-Claude HOUDOIN, Membre du Conseil d’ Eusaf

Samedi 9 mai 2009 à 13h30

A la Paroisse Saint-Germain de Charonne

 124, Rue de Bagnolet – 75020 PARIS

(Bus : 26 ou 76) 

 

Plusieurs Animations – Stands Associatifs – Expositions de créateurs d’arts

Quiz sur l’actualité européenne avec des lots récompensant les bonnes réponses

Des Documents sur l’Europe seront offerts à l’occasion de cette manifestation

 

APPEL A VOTER AUX ELECTIONS EUROPEENNES

 

Dimanche 7 juin 2009, vous êtes appelés à voter

Votre décision conditionne l'avenir de la construction européenne. Alors allez voter. Prenez une décision sage et conforme à vos valeurs ! Ne laissez pas les autres décider à votre place.

Votez en toute sérénité..

Pour faire le point ensemble et mieux comprendre les enjeux de cette importante élection, nous vous invitons à nous rejoindre le :

 

Samedi 9 mai 2009 à 13h30

A la Paroisse Saint-Germain de Charonne

 124, Rue de Bagnolet – 75020 PARIS

(Bus : 26 ou 76)

 

pour discuter convivialement ensemble du thème :

« Les élections européennes, nécessité et ambitions »

Par Eusaf - Publié dans : Actualité
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 10 2008 17:59

Nous avons participé, comme chaque année, au 12e Forum des Associations du XIe qui se tiendra le

 

Samedi 8 novembre 2008

de 10h00 à 18h00

à la Salle Olympe de Gouges

15, rue Merlin – F- 75011 PARIS

 
Organisée par la Municipalité du XIe Arrondissement, cette manifestation a pour but de rapprocher les habitants des associations, de leur faire découvrir la diversité et la richesse des activités proposées et de les inciter à s'engager dans des actions associatives. 

Plus de 140 associations agissant dans vingt secteurs d'activité (Europe, santé, solidarité nationale et internationale, humanitaire, droits de l'homme, culture, urbanisme, emploi...) y ont participé. 

Stands et spectacles étaient animés à l’occasion de cette journée conviviale ouverte à tous qui a été l'occasion de rencontres inter associatives destinées à favoriser le travail commun et l'élaboration de projets à l'attention des habitants du XIe mais aussi en direction d'autre pays du monde. 

-                      Animations sur les stands toute la journée,

-                      Activités pour enfants, Jeu),

-                      Vente de livres, brochures, calendriers, cartes postales, Vidéos, musique, informatique. 

Nous invitons vivement tous les Adhérents et les Sympathisants d’Eusaf à venir nous rejoindre sur notre Stand.

Par Eusaf - Publié dans : Activités
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 10 2008 17:00

Partie première

Malgré d’indéniables succès, la construction européenne s’essouffle, car ses habitants ont du mal à se reconnaître dans cet ensemble multiforme à géométrie variable. La diversité des cultures européennes est à la fois richesse et source de divisions (renouvellement des nationalismes et des séparatismes régionaux). 
En 50 ans d’histoire, de traité en traité, l’Europe s’est forgé un espace économique, s’est dotée d’institutions complexes mal connues par ses concitoyens. La mondialisation, les ajustements économiques brutaux, la crise financière sont vécus comme des menaces du quotidien auxquelles l’Europe n’apporte aucun apaisement. 
Malgré les difficultés bien réelles, il ne faut pas sombrer dans le pessimiste. L’un des avantages des démocraties est qu’elles offrent à chaque élection l’opportunité de débats auxquels les citoyens sont invités à participer. 
Européen convaincu, je voudrais m’adresser à vous citoyens d’Europe, pour vous dire, qu’à l’occasion des prochaines élections vous aurez la possibilité non seulement de choisir un candidat, mais aussi de faire connaître votre avis en participant aux innombrables débats qui vont fleurir pendant cette période et ainsi d’influencer le programme des partis et d’exiger le respect des engagements des candidats.
Pour jouer un rôle actif, il convient d’abord de se poser quelques questions préalables :

            Citoyen européen, existes-tu ?

            Quels sont tes droits ?

            Quels sont les enjeux des élections européennes ? 

1.    La citoyenneté européenne.  

« Il est institué une citoyenneté de l’Union. Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un état membre. La citoyenneté de l’Union complète la citoyenneté nationale et ne la remplace pas » 

L’article 8 du traité de Maastricht signé en février 1992, consacre officiellement l’existence de la citoyenneté européenne. Mais cette reconnaissance officielle est-elle suffisante pour être adoptée par  les habitants de l’Union ? Sur quoi cette notion repose-t-elle ?

Pour  Elisabeth Regnault ([1]), la citoyenneté classique est caractérisée par trois principaux éléments : des droits, des devoirs et le sentiment  d’appartenance à une communauté.

l   un ensemble de droits :

La Charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne a été proclamée à Nice en décembre 2000 et est adoptée par tous les nouveaux Etats membres. Cette charte réaffirme les valeurs fondamentales de liberté, égalité et solidarité de l’Union Européenne, ainsi que les droits civils et politiques, économiques et sociaux du citoyen européen à travers ces principes. De cet attachement aux valeurs découlent l’égalité des chances par la démocratisation du système éducatif, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect de la diversité culturelle, religieuse et linguistique.

Tout État membre  a signé la Convention européenne des droits de l’Homme dont l’application est garantie par la Cour européenne des droits de l’Homme qui siège à Strasbourg.

Ces principes étant réaffirmés, tout citoyen de l’Union se voit reconnaître le droit de circuler et de résider librement dans les pays de la communauté, le droit de travailler, le droit d’être protégé à l’étranger par les consulats et ambassades de n’importe quel état membre.

Dans l’espace « Schengen » la liberté de circuler dans les pays signataires de l’accord (1995) est totale (disparition des contrôles aux frontières).

La carte européenne d’assurance maladie permet à chaque citoyen de bénéficier de la prise en charge de ses frais médicaux dans le pays où il se trouve.

Depuis le 1er janvier 2002, l’Euro est devenu la monnaie unique des 300 millions d’européens des 13 pays de l’Euro-groupe.

Tout citoyen européen a la possibilité de s’adresser directement au Parlement européen individuellement ou collectivement (sous la forme d’une pétition) sur une question relevant du domaine  de compétence de l’Union.

Dans le projet du traité de Lisbonne, les citoyens européens (1 million de signatures provenant d’un nombre significatif d’Etats membres) peuvent demander à la Commission de proposer un projet de loi.  Le traité reconnaît aussi l’importance du dialogue entre les citoyens, les associations de la société civile et les institutions de l’Union.

l  un ensemble de devoirs :

Dans ce domaine, les traités demeurent étonnamment silencieux. Le citoyen européen n’a pas de devoirs civiques clairement identifiés à l’égard de l’Union Européenne (pas d’impôts directs, pas de service militaire, pas d’obligation de vote…)

l   la participation à la prise de décision.

Le droit de vote aux élections municipales et aux élections européennes est l’un des  signes les plus marquants de la participation du citoyen aux décisions. Dans certains cas selon les pays, le citoyen peut être consulté directement par référendum sur une question européenne.

2.    Les droits du citoyen

Les droits du citoyen étant reconnus, on peut alors s’interroger sur les raisons du déficit démocratique dont semblent souffrir les institutions européennes.

Pour Allan Janik ([2]), « Les citoyens européens sont manifestement conscients d’être européens, mais beaucoup ont du mal à se considérer comme citoyens européens ». Pour lui, « il manque à l’Union, une culture politique dans laquelle les Européens ordinaires puissent se retrouver ».

Pour Alain Lamassoure ([3]), « le territoire de l’Union est loin d’être un espace de vie suffisamment accueillant et homogène pour tous ses citoyens ». En particulier, il note que pour les européens les plus nomades, la vie est loin d’être aussi simple qu’elle devrait être. Tout d’abord, il existe un très grand nombre de domaines de droit qui demeurent de la compétence exclusive des états et dans lesquels, l’Europe n’intervient pas. Ainsi, le droit de la famille, le droit patrimonial, le droit administratif relèvent du seul domaine national, plus partiellement le droit fiscal, le droit social pour n’en citer que quelques-uns, ne peuvent faire l’objet de la législation européenne. Or l’hétérogénéité  des législations nationales est source de tracasseries et de conflits. Quel droit faut-il appliquer pour la garde d’enfants de parents divorcés de nationalités différentes ? Dans le cas d’une succession, vu par un juge français, la loi applicable est celle du dernier domicile du défunt alors que le juge allemand appliquera la loi de la nationalité du défunt !

Quand le domaine du droit est du ressort de l’Europe, l’Union peut émettre une directive dont les modalités d’application appartiennent aux Etats nationaux. C’est ainsi que certaines directives européennes peuvent attendre un certain temps avant d’être transposées dans le droit national. La France n’est pas dans ce domaine exemplaire : le nombre d’infractions est le double de la moyenne communautaire,  elle est même classée 25e sur 27 pour la durée nécessaire à la résolution des litiges liés à la mauvaise transposition des directives ou règlements communautaires. Consciente de son retard, la France a entrepris un « rattrapage » ayant pour objet de la ramener au niveau des meilleurs pays européens.

Dans son rapport, Alain Lamassoure fait une soixantaine de propositions de progrès dont certaines devraient améliorer l’image de l’Union Européenne.

Il propose de revoir le système d’information des citoyens.

Pour mieux identifier les besoins, lancer périodiquement des enquêtes et des sondages auprès d’un panel de citoyens représentatifs ayant une composante de citoyens nomades.

Avec l’avènement d’Internet, créer un site doté d’un portail, où les européens pourraient trouver dans leur langue des réponses aux questions qu’ils se posent sur l’Europe et sur leur quotidien.

Mettre en place un réseau de correspondants européens dans chaque grande ville dont le rôle serait de servir de relais pour les collectivités locales et les citoyens.

Dans le secteur de la consommation, si la libre circulation des biens et des produits est reconnue, on peut s’étonner d’observer des différences de prix d’un pays à l’autre. A ces distorsions de concurrence, il convient d’ajouter le comportement des pays qui inventent à plaisir des spécificités nationales ou régionales. La santé, l’écologie, l’énergie sont des secteurs qui intéressent tous les européens ou des compromis devraient être recherchés. En fait il se révèlent comme des terrains d’affrontements d’égoïsmes nationaux : fiscalité de lutte contre le tabagisme, l’alcool ;  fiscalité sur le bonus / malus des véhicules…

Par Jean-Claude HOUDOIN
A suivre

[1]  Elisabeth Regnault  Maître de Conférence Sciences de l’éducation Université Louis Pasteur Strasbourg  

[2] Allan Janik, professeur émérite de philosophie à l’Université de Vienne – « Vers une nouvelle philosophie de la construction européenne » - Fondation pour l’Innovation Politique Septembre 2008.

[3] Alain Lamassoure, député européen, dans son rapport au Président de la République sur « Le citoyen et l’Application du Droit communautaire » 8 juin 2008.

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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 10 2008 16:49

1.  Deuxième partie
Les enjeux des élections européennes 

Le 7 juin 2009, 350 millions d’européens seront appelés à  voter pour élire 750 députés européens. Pour la France, le nombre de députés devrait être de 72 (traité de Nice) ou de 74 (si le traité de Lisbonne est adopté d’ici là). Il s’agit là des plus importantes élections transnationales (27 pays).

Les dernières élections de 2004 sont caractérisées par 3 observations :

-          Une abstention forte

-          Une poussée de l’euroscepticisme

-          Un vote sanction à l’égard de certains gouvernements en place.

Si l’on regarde les 6 élections précédentes, on constate une érosion régulière de la participation :

 

Taux participation

1979

1984

1989

1994

1999

2004

Moyenne européenne

63,0

61,0

58,5

56,8

49,8

45,7

France

60,7

56,7

48,7

52,7

46,8

42,8

 

Cette érosion n’est pas expliquée par l’élargissement de l’Europe (qui passe de 9 pays en 1979,  à 12 en 1989, à 15 à 1999 et 25 en 2004), car cette érosion est aussi observable pour les 9 pays composant l’Europe de 1979.

 

Si on analyse le profil de l’abstentionniste, on constate qu’il est plutôt jeune (67% d’abstention pour les 18-24 ans contre 54,3 % en moyenne), plutôt ouvrier (64 % d’abstention). L’abstention concerne indifféremment les hommes et les femmes, les habitants des villes et des campagnes. Parmi les abstentionnistes 21 % sont des citoyens qui déclarent ne jamais voter, 32% se sont décidés quelques mois avant le scrutin et 38 % se sont décidés quelques jours avant le scrutin.

Plus inquiétant encore, dans un sondage réalisé en juin 2004 à la demande du Parlement européen et de la Commission européenne ([1]), parmi les raisons qui motivent l’abstention, celles qui arrivent en tête sont idéologiques ou politiques :

 

 

UE25

UE15

NEM

Motivations liées à la critique de la politique

49%

42%

76%

Motivations liées à la critique / méconnaissance des questions européennes

20%

19%

20%

 

 On constate que l’abstention est d’autant plus forte que la critique politique (insatisfaction de la politique en général, pas d’intérêt pour la politique, voter ne change rien, ne vote pas ou rarement, absence de débat) est forte.

 

Pour comprendre l’attitude des européens à l’égard de l’Union, le sondage  a posé des questions plus précises dont on trouve le résultat dans le tableau suivant :

 

 

UE25

UE15

NEM

L’appartenance de (PAYS) à l’UE est une bonne chose

70%

73%

55%

Vous vous sentez attaché(e) à l’Europe 

69%

70%

68%

Vous vous sentez citoyen de l’UE

66%

69%

62%

Vous disposiez de toutes les informations pour choir pour qui vous alliez voter

59%

62%

42%

C’est important pour vous de savoir quel parti a gagné le plus de sièges

47%

49%

34%

Vous avez confiance dans les institutions européennes

46%

48%

36%

Vous êtes très intéressé(e) par la politique et les affaires courantes

46%

48%

35%

Le Parlement européen prend bien en compte les préoccupations des citoyens européens

45%

45%

45%

C’est important pour vous de savoir quels candidats ont remporté des sièges et sont devenus députés européen

43%

44%

35%

 

Il est encourageant de constater que l’attachement à l’Europe et le sentiment d’être un « citoyen européen »  sont bien partagé par les européens. Ils sont plus réticents pour accorder leur confiance dans les institutions, le monde politique européen, ou pour croire que leurs préoccupations sont bien prises en compte par le Parlement européen.

 

Le décalage d’opinion à l’égard de l’Europe sensible entre le citoyen de l’Europe des 15 et le citoyen des nouveaux États membres doit être interprété avec prudence en raison du faible recul entre l’élargissement et les élections. Néanmoins se manifeste dans certain de ces États (Pologne, République Tchèque, Slovaquie) un euro-scepticisme marqué qu’il conviendra d’examiner avec attention lors des prochaines élections européennes.

 

D’octobre à juin prochain, il faudra mobiliser l’électorat, le convaincre de s’exprimer, il faudra exiger de tous les candidats un programme sur les choix politiques et des engagements sur la réalisation de ces programmes.

Recueil et analyse de Jean-Claude HOUDOIN

[1] « Enquête post-élections européennes 2004 » réalisée en juin 2004 par EOS Gallup Europe sous l’égide du Parlement européen (DG Information) en collaboration avec la Commission européenne (DG Press) et participation du Institute for the study of social change

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Vendredi 30 mai 2008 5 30 05 2008 09:47

Appel pour une Journée de l’Europe plus citoyenne


Notre Association a pour objet de développer la communication européenne par une information plus proche du citoyen, d'organiser ou de participer aux manifestations commémoratives européennes, telle la Journée de l'Europe ou les grands anniversaires et d'accroître les relations internationales, notamment vers le bassin méditerranéen. Elle œuvre pour la tolérance, la solidarité et la fraternité entre les peuples, contre les discriminations, les exclusions, la haine et le mépris et milite pour l'égalité des chances, des droits et devoirs.
Nous organisons périodiquement des débats sur des thèmes d’actualité européenne notamment lors de la commémoration de la Journée de l’Europe. 
Les citoyens prennent activement part en posant des questions d’ordre général sur le thème choisi à chaque fois. Les divers intervenants, que nous invitons à ces occasions, répondent pragmatiquement à ces questionnements et n’hésitent pas, en connaissance de cause, à éclairer les citoyens. 
Nous avons souvent remarqué qu’une question récurrente est souvent posée. « Pourquoi les gouvernements européens n’ont pas encore décidé tous ensemble de faire de la Journée de l’Europe une journée chômée sur le continent européen ? », alors qu’elle est précédée en France par exemple par un jour férié, la Fête de la Victoire de 1945 après les désastres d’une guerre fratricide et évoque la défaite des peuples vaincus. 
La Journée de l’Europe rappelle que l’Union européenne est faite de citoyens et pour les citoyens. En faire un jour férié dans l’ensemble des Etats membres contribuerait certainement à renforcer le sentiment d’appartenance à l’Union européenne. 
Nous avons nous mêmes proposé ce vœu à diverses occasions, notamment par des courriers adressés aux Présidents de la République française sans avoir eu, malheureusement, aucune de leur part. 
Décider de faire de la Journée de l’Europe un jour férié c’est, permettre à tous les citoyens de mieux participer à cette fête et l’occasion pour eux de connaître plus à chaud l’évolution et les avantages de la construction européenne. C’est aussi rendre cette journée un moment convivial de proximité mobilisatrice au maintien des relations pacifistes et amicales. 
Nous croyons à une Europe plus solidaire, plus forte et mieux organisée autour de la citoyenneté constructive et participative, car cette journée a un double symbole : celui de la réconciliation de l’Europe et de la fraternité des Européens. 
C’est la raison pour laquelle, nous adressons à tous les dirigeants européens notre cette sollicitation afin que tous ensemble, dirigeants et citoyens, puissions faire un pas positif appréciable pour une construction européenne plus pragmatique et réellement plus démocratique et non plus seulement utopique. 
Aussi ben la Commission européenne que le Parlement européen, à qui nous avions adressé un courrier en ce sens, ont répondu favorablement à cette idée et partage notre jugement concernant le développement de la citoyenneté européenne qui est fondamental pour que les Européens se rapprochent les uns des autres dans l’avenir pour obtenir leur pleine adhésion au projet européen. 
Nous espérons par cet appel que notre sollicitude soit entendue et profitant de la présidence française pour que notre Président la propose à ses pairs et qu’elle se concrétise réellement pour que l’Europe soit plus participative.  

Abdel Hakim ATEB

Par Abdel Hakim ATEB - Publié dans : Communiqués
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Lundi 26 mai 2008 1 26 05 2008 15:52

Le programme de la Journée de l’Europe a été, comme toujours, l’un de nos objectifs majeurs de nos activités pour l’année 2008. Cette année, étant  déclarée « Année européenne du dialogue culturel », nous avons planifié pour le samedi 17 mai 2008, dans le cadre de la commémoration du 9 mai 1950, diverses activités culturelles et conviviales par un programme varié organisé autour d’une Journée de manifestations citoyennes.

 

Les conditions atmosphériques n’ayant pas été au rendez-vous, nous pouvons dire, tout de même, que nous avons réussi cette manifestation. L’Association « Zéro Violence » et des nombreux Artistes créateurs ou chanteurs sont venu pour commémorer cette Journée, ce qui l’a rendu très amicale, solidaire et chaleureuse.

 

Pour voir la suite, cliquer sur le lien http://eusaf.over-blog.com/
Par Abdel Hakim ATEB - Publié dans : Activités
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Dimanche 25 mai 2008 7 25 05 2008 16:00

Présidence de l’Union européenne au 2e semestre 2008

Du 1er juillet  au 31 décembre 2008, il revient à la France d'exercer la présidence du conseil européen. « L’Europe protection ». Telle est l'idée qui devrait résumer l’action du gouvernement au cours de la Présidence française de l’UE au deuxième semestre 2008. Lutte contre le dérèglement climatique, énergie, immigration et Europe de la défense en seront les quatre axes de travail principaux. Au cours des huit mois qui séparent le pays de l’échéance, la société civile française et les Etats membres de l’UE devraient être consultés sur ces différents dossiers.

Contexte :
Dans la situation institutionnelle actuelle, chaque État membre assure la Présidence du Conseil de l'Union européenne à tour de rôle pendant 6 mois.

La France sera donc à la tête du Conseil de l’UE au cours du deuxième semestre 2008. Elle prendra la succession de la Slovénie et passera le relais, en 2009, à la République tchèque.

Une présidence charnière, ponctuée de grands rendez-vous

La réforme institutionnelle de l’UE prévue par le traité réformateur, s’il est ratifié par l’ensemble des Etats membres, doit avoir lieu en 2009, soit juste après les élections européennes de juin. La mise en œuvre des dispositions du nouveau traité devra donc commencer avant, c'est-à-dire au cours de la Présidence française de l’UE. Le rôle de la France pour mener à bien ce dossier sera déterminant.

 

Quelles frontières pour l’Europe ?

 

 

Si on se place dans la perspective de la ratification du traité de Lisbonne malgré les incertitudes qui planent encore sur les résultats du référendum irlandais et du vote toujours délicat du parlement britannique, l’année 2009 sera celle où l’Europe aura à réfléchir sur les modalités pratiques et progressives de la mise en œuvre du traité de Lisbonne et aussi de la définition des limites frontalières.

Le sujet est d’actualité car après l’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie à l’Union Européenne, devons-nous poursuivre l’élargissement de l’Europe ? Où devons-nous nous tourner vers de nouvelles formes de coopérations avec le projet Union méditerranéenne ? Notre Association « Europe sans frontières » est au cœur du débat. Cela mérite réflexion et pose le problème des critères d’adhésion, de l’identité européenne et de son élargissement.

Les critères d’adhésion.

Pour entrer dans l’Europe, le Conseil Européen de Copenhague des 22 et 23 juin 1993 a déterminé 3 familles de conditions à respecter pour entrer dans l’Union :  

-  Disposer d’ « institutions stables garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de l’homme, le respect des minorités et leur protection ».

-  Respecter des critères économiques liés à l’ « existence d’une économie de marché viable » et être capable de « faire face à la pression concurrentielle et aux forces de marché à l’intérieur de l’U.E. ».

-  Assumer les « obligations d’écoulant de l’adhésion », c’est-à-dire le respect des acquis communautaires. La Cour de Justice des communautés européennes a défini  notamment que « Les Etats demandeurs acceptent, sans réserve, les traités et leurs finalités politiques, les décisions de toute nature intervenues depuis l’entrée en vigueur des traités et les options prises dans le domaine du développement et du renforcement des traités ».

Ces précisions ont été déterminantes pour cadrer le processus d’adhésion des  futurs Etats membres et en particulier des PECOS (Pays d’Europe centrale et orientale). Pour respecter ces critères, les NEM (nouveaux Etats membres) ont été contraints d’adapter leurs institutions et d’organiser une économie de marché. Pour les populations des pays concernés, cette période a été perçue comme longue et difficile et a introduit le doute sur la volonté de l’Europe de les accueillir.

L’Identité européenne existe-t-elle ?

La définition des conditions d’adhésion est insuffisante pour décrire l’identité européenne, il convient de prendre en considération d’autres critères :

-  Le premier est naturellement géographique. Selon ce critère, les pays « frontaliers » dont une partie du territoire est située en Europe et l’autre appartient à une autre entité géographique posent problème. Il y a bien entendu, le cas particulier de la Turquie, mais aussi des pays de l’Est non encore dans l’Union. L’Europe doit-elle aller jusqu’à l’Oural ou jusqu’à Vladivostok ?, La Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, la Géorgie ont-elles vocation à devenir européens ? Pourquoi des pays qui appartiennent sans réserve à l’univers européen ne sont-ils pas dans l’Union ?

-  Cette dernière question met en avant un deuxième critère lui aussi déterminant pour faire partie de l’Union Européenne : la volonté d’en devenir membre. Ainsi l’Islande, la Suisse et la Norvège sont européennes mais ces pays ont clairement refusé d’entrer dans l’Union tout en souhaitant être associés par des accords avec l’UE. La « Volonté d’appartenir à l’Union »,  de partager les avantages mais aussi d’accepter les contraintes est à mes yeux essentiels, nécessaires mais non suffisants.

-  Il faut également s’arrêter sur le critère culturel même s’il est difficile à définir dans la mesure où il fait appel à de nombreux sous critères comme l’écriture, la langue, l’histoire commune (faite de guerres et de rivalités, de traités et d’échanges d’hommes, de techniques…), la religion, un patrimoine de valeurs communes. La diversité des langues, des religions, des formations est une richesse pour l’Europe qu’il convient de conserver. Ceci impose que le droit à la différence soit reconnu et défendu dans la mesure où la culture dominante ou la culture la plus dynamique n’exige pas la destruction d’une ou des autres cultures. La tolérance, la liberté d’expression sont des valeurs fondamentales qui excluent le prosélytisme trop marqué. Pour Claude Clanet ([1]) « Il existe pour l’Europe une tradition culturelle et politique commune qui s’est développée à partir de l’Antiquité grecque et romaine et a été relayée par la religion chrétienne, et qui constitue les fondations d’une culture collective… ».

L’Europe à 30 ?

La jeune histoire de l’Europe a été marquée par la croissance rapide du nombre de ses membres. Les 6 états fondateurs de 1957 (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas) sur la base de leur succès ont ouvert l’alliance économique très rapidement (1er janvier 1973) à trois nouveaux pays de l’Europe de l’Ouest (Danemark, Irlande et Grande-Bretagne) puis à la Grèce (1973), l’Espagne et le Portugal (1986), les landers de l’Est avec la réunification allemande (1990) et enfin la Finlande, la Suède et l’Autriche (1995). Cette première phase d’intégration, exception faite de l’ex RDA, regroupait des pays devenus assez proches à économie de marché et à tradition démocratique après la chute des régimes autoritaires de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce. L’Union Européenne était un ensemble homogène composé de populations dont le niveau de vie s’harmonisait progressivement, avec des habitudes démocratiques de plus en plus convergentes. La longue histoire des conflits, des guerres que ces pays avaient entretenue pendant des siècles prenait fin.

La chute du mur et l’effondrement de l’U.R.S.S. ont précipité une nouvelle ouverture sur laquelle il faut revenir un instant. La perspective d’un nouvel élargissement devenait une formidable opportunité d’étendre une zone de paix à condition toutefois de gérer l’évolution de ces pays que le communisme avait séparés pendant près d’un demi-siècle. Cependant l’héritage du communisme est lourd, non seulement du point de vue économique mais aussi du point de vue des mentalités. Comme le dit Richard Backis ([2]) « Intellectuellement, les acteurs des pays d’Europe Centrale et Orientale savent qu’il faudrait se débarrasser de réflexes hérités du soviétisme ; en pratique ils font comme avant… ».

Pour répondre aux critères du Conseil européen de Copenhague de 1993, les pays candidats ont entrepris un travail de refonte du système législatif, d’organisation de la vie politique et créé les conditions d’une économie de marché. Dans la mesure où la reprise de l’acquis communautaire exigeait des investissements particulièrement lourds, des périodes de transition ont été négociées par les pays candidats dans les domaines de l’environnement (à la demande des nouveaux entrants), de la libre circulation des personnes et des travailleurs (à la demande des Etats membres qui craignaient un afflux d’émigrants). Les négociations d’adhésion se sont achevées le 31 décembre 2002 pour les 10 premiers pays candidats (Estonie, Lituanie, Lettonie, Pologne, Hongrie, Slovaquie, République Tchèque, Slovénie, Malte et Chypre) et le 14 décembre 2004 pour la Bulgarie et la Roumanie. Depuis le 1er janvier 2007, l’Union Européenne comprend 27 membres ([3])

Pour les Balkans, en dehors de la Slovénie, les conflits ethniques qui se sont développés dès l’éclatement de l’ancienne Yougoslavie ont gelé le processus. Si la paix est revenue, les tensions sont encore vives comme le montre l’indépendance du Kosovo contestée par la Serbie. Une entrée dans l’Union n’est concevable que dans un climat de paix. L’Union Européenne fait une subtile distinction entre les pays qui ont entamé des négociations d’adhésion (Croatie et Turquie), les pays candidats (Ancienne République Yougoslave de Macédoine) et les candidats potentiels (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro et Kosovo sous réserve que ce dernier soit reconnu par les 27 Etats membres de l’Union).

Le cas particulier de la Turquie mérite un débat, car les si les Etats membres ont donné leur accord pour entamer des négociations, certains sont très réticents et souhaiteraient élaborer des accords d’association et non une adhésion.

Avec les autres états frontaliers situés à l’Est (Ukraine, Arménie, Georgie, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan) ou sur le pourtour méditerranéen (Maroc, Égypte, Tunisie, Jordanie, Liban, Israël, Algérie, la Syrie) des accords  d’association ont été signés et devront être approfondis avec le projet d’Union méditerranéenne.

                                                                                                                       Jean-Claude HOUDOIN

 

Tunisie-Union européenne

La Tunisie, un partenaire modèle

 

La Tunisie a réalisé des avancées remarquables dans le cadre de son accord d'association avec l'Union Européenne (UE) grâce à un rythme de croissance économique soutenu, souligne un rapport de l'UE.

Le rapport ajoute que les progrès ont été enregistrés dans les domaines visés par le plan d'action adopté par les deux parties en juillet 2005.

Premier pays à avoir signé un accord d'association avec L'Union Européenne en 1998, la Tunisie demeure un partenaire dynamique et prompt à réaliser les réformes requises pour bénéficier des avantages partagés de cet accord ajoute le rapport.

La Tunisie est d'ailleurs le partenaire qui a le plus avancé dans la réalisation de l'accord d'association avec l'Union Européenne.

Confirmant ce constat, Mme Benita Ferrero-Waldner, membre de la commission et responsable des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage (PEV) a qualifié de "réussite" la politique européenne de voisinage avec la Tunisie avant d'ajouter: "Nous travaillons main dans la main avec la Tunisie et les autres partenaires pour les aider à réaliser des reformes structurelles dans le but de les rapprocher davantage de l'UE ».

L'année 2007 a connu, en effet, une impulsion du dialogue Tunisie/UE. Dialogue institutionnel activé par les différents groupes travail prévus par l'accord d'association et qui a ouvert les perspectives de négociation dans les domaines socio- économiques.

L'Union Européenne s'est ainsi engagée dans un processus d'appui aux reformes en Tunisie dans plusieurs domaines parmi lesquels l'éducation, la santé, l'emploi et la lutte contre la pauvreté.

Dans le domaine de l'éducation, l'UE contribue à la formation d'enseignants et au développement du centre de formation.

En matière d'emploi, l'UE a apporté son assistance à 10% des entreprises tunisiennes pour les aider à s'aligner sur le standard européen en termes d'innovation, de compétitivité et de qualité.

Dans le secteur de la santé, l'UE soutient la reforme du système de l'assurance maladie qui devra élargir la couverture sociale à l'ensemble de la population, notamment, les plus démunis.

L'UE appuie également la mise à niveau du secteur public de la santé dont l'objectif est d'améliorer qualitativement et quantitativement les prestations. Le développement rural est un autre domaine important auquel l'UE apporte son concours notamment au plan de la protection des ressources naturelles et de la lutte contre la pauvreté.

Au chapitre de la coopération financière, l'aide accordée, en 2007, par l'UE pour la réalisation des objectifs prioritaires définis par le plan d'action s'élève à 103 millions d'Euros sur un total de 300 millions d'Euros programmés sur toute la période 2007-2010. Les résultats probants enregistrés devront ouvrir la voie vers la mise en place, vers 2010, de la zone de libre échange euro-méditerranéenne, ultime objectif de l'accord d'association.

Un objectif qui se fera progressivement et qui a déjà connu la réalisation de deux étapes importantes. Il y a, d'abord, le démantèlement tarifaire anticipé enclenché depuis 1996 car l'accord d'association n'est entré en vigueur qu'en 1998. Vient ensuite l'intégration depuis le 1er janvier 2008 la zone de libre échange euro méditerranéenne.

Conséquence: les produits manufacturés importés de l'UE sont exonérés des droits de douane.

 

D'après Abdel Hakim ATEB

Bonne vacances à tous et à bientôt

 

[1]Claude CLANET, Professeur émérite de psychologie de l’éducation, IUFM de Midi-Pyrénées, auteur de « Construire une citoyenneté européenne » – Presses Universitaires du Mirail

[2] Richard BACKIS ambassadeur honoraire de Lituanie dans un entretien accordé à Pierre VERLUISE et retranscrit dans « Une nouvelle Europe »  – Publié dans la Collection Tropique Karthala en 2006< ;

[3] Voir la carte de l’Europe  établie par le Ministère des Affaires étrangères par le lien suivant : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/swf/carte.swf

 

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Mardi 1 avril 2008 2 01 04 2008 14:52

Relations euro-méditerranéennes

 

Le récent déplacement du Président de la République française en Algérie et en Tunisie pour signifier son attachement et l’importance qu’accorde la France aux relations euro-méditerranéennes –« processus de Barcelone », mis en œuvre à partir de 1995- remet sous la lumière (crue) des projecteurs ce volet complexe des liens entre l’Union européenne et ses voisins sud-méditerranéens. La volonté de la France de faire avancer les relations « euroméd » procède d’un constat d’échec du Processus de Barcelone –constat largement partagé par de nombreux observateurs. Après plus de 10 ans, les objectifs du Processus de Barcelone sont loin d’être remplis. Ne serait-ce que pour celui de la sécurité : il suffit de songer au Liban ou aux évolutions non moins dramatiques du conflit israélo-palestinien… La liste des autres difficultés est longue, malheureusement.

L’Union européenne, via le Processus de Barcelone, n’a jamais réussi à être un point de référence pour le dialogue ou la résolution des conflits ou des tensions au sud de la Méditerranée, alors qu’un des objectifs du Processus était précisément de tisser des liens privilégiés et particuliers entre l’UE et les pays membres du Processus. Dans une zone cruciale et symbolique pour la sécurité et la stabilité à venir de notre monde, le rôle de l’Union, en plus de sa participation au « Quartette », aurait du être beaucoup plus central. Sa conception multilatérale du monde, sa vocation à promouvoir la paix, la pluralité et la démocratie, feraient pourtant de l’Union européenne un interlocuteur fort dans les zones d’instabilité ou un acteur décisif pour renforcer le dialogue entre les cultures. Mais l’échec du Processus de Barcelone sur de nombreux objectifs, au-delà même des questions sécuritaires, ne le lui permet pas. L’Union européenne n’a pas suffisamment su construire fermement  les bases de ses relations avec les pays sud-méditerranéens –sur le plan économique notamment- pour pouvoir offrir son aide sur ce plan.

 

De nombreux pays sud-méditerranéens membres du Processus de Barcelone ont interprété l’élargissement à l’est de l’Union comme une forme de désintérêt vis-à-vis d’eux –les aides qui sont allées à l’est n’ont pas été au sud, entre autres. Il est temps que l’Union montre aux pays sud-méditerranéens toute l’importance qu’ils revêtent à ses yeux. Les enjeux sont décisifs : le continent européen a face à lui au sud des pays dont la population est très jeune (le nombre de personnes actives augmentera fortement dans les 15prochaines années), dont les ressources en hydrocarbures sont stratégiques, dont les échanges commerciaux interrégionaux doivent être développés –sans parler des enjeux migratoires, hydriques, agricoles, technologiques, sécuritaires ou énergétiques… C’est à condition de progresser ensemble pour améliorer chacun des objectifs définis par le Processus de Barcelone que les enjeux sécuritaires et peut-être même les questions institutionnelles (démocratie) pourront être abordés plus en profondeur. Pour cela, il faut réfléchir au meilleur moyen pour atteindre en priorité et rapidement les objectifs qui apparaissent les plus pragmatiques, quitte à mieux différencier les interlocuteurs en fonction des thématiques de travail. Et peut-être même avant tout, afin d’orienter efficacement les priorités et de corriger les erreurs d’un côté comme de l’autre, effectuer un audit précis sur les impacts sociaux et politiques des actions menées jusqu’ici. Par ailleurs, il faudra aussi compter avec l’activisme croissant des Américains dans la région nord-africaine –assistance financière et sécuritaire, notamment- qui pourrait remplir en partie un vide laissé par les retards et les absences du Processus de Barcelone. 

Xavier Alexandre Relliant


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