Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Jeudi 9 octobre 2008

1.  Deuxième partie
Les enjeux des élections européennes 

Le 7 juin 2009, 350 millions d’européens seront appelés à  voter pour élire 750 députés européens. Pour la France, le nombre de députés devrait être de 72 (traité de Nice) ou de 74 (si le traité de Lisbonne est adopté d’ici là). Il s’agit là des plus importantes élections transnationales (27 pays).

Les dernières élections de 2004 sont caractérisées par 3 observations :

-          Une abstention forte

-          Une poussée de l’euroscepticisme

-          Un vote sanction à l’égard de certains gouvernements en place.

Si l’on regarde les 6 élections précédentes, on constate une érosion régulière de la participation :

 

Taux participation

1979

1984

1989

1994

1999

2004

Moyenne européenne

63,0

61,0

58,5

56,8

49,8

45,7

France

60,7

56,7

48,7

52,7

46,8

42,8

 

Cette érosion n’est pas expliquée par l’élargissement de l’Europe (qui passe de 9 pays en 1979,  à 12 en 1989, à 15 à 1999 et 25 en 2004), car cette érosion est aussi observable pour les 9 pays composant l’Europe de 1979.

 

Si on analyse le profil de l’abstentionniste, on constate qu’il est plutôt jeune (67% d’abstention pour les 18-24 ans contre 54,3 % en moyenne), plutôt ouvrier (64 % d’abstention). L’abstention concerne indifféremment les hommes et les femmes, les habitants des villes et des campagnes. Parmi les abstentionnistes 21 % sont des citoyens qui déclarent ne jamais voter, 32% se sont décidés quelques mois avant le scrutin et 38 % se sont décidés quelques jours avant le scrutin.

Plus inquiétant encore, dans un sondage réalisé en juin 2004 à la demande du Parlement européen et de la Commission européenne ([1]), parmi les raisons qui motivent l’abstention, celles qui arrivent en tête sont idéologiques ou politiques :

 

 

UE25

UE15

NEM

Motivations liées à la critique de la politique

49%

42%

76%

Motivations liées à la critique / méconnaissance des questions européennes

20%

19%

20%

 

 On constate que l’abstention est d’autant plus forte que la critique politique (insatisfaction de la politique en général, pas d’intérêt pour la politique, voter ne change rien, ne vote pas ou rarement, absence de débat) est forte.

 

Pour comprendre l’attitude des européens à l’égard de l’Union, le sondage  a posé des questions plus précises dont on trouve le résultat dans le tableau suivant :

 

 

UE25

UE15

NEM

L’appartenance de (PAYS) à l’UE est une bonne chose

70%

73%

55%

Vous vous sentez attaché(e) à l’Europe 

69%

70%

68%

Vous vous sentez citoyen de l’UE

66%

69%

62%

Vous disposiez de toutes les informations pour choir pour qui vous alliez voter

59%

62%

42%

C’est important pour vous de savoir quel parti a gagné le plus de sièges

47%

49%

34%

Vous avez confiance dans les institutions européennes

46%

48%

36%

Vous êtes très intéressé(e) par la politique et les affaires courantes

46%

48%

35%

Le Parlement européen prend bien en compte les préoccupations des citoyens européens

45%

45%

45%

C’est important pour vous de savoir quels candidats ont remporté des sièges et sont devenus députés européen

43%

44%

35%

 

Il est encourageant de constater que l’attachement à l’Europe et le sentiment d’être un « citoyen européen »  sont bien partagé par les européens. Ils sont plus réticents pour accorder leur confiance dans les institutions, le monde politique européen, ou pour croire que leurs préoccupations sont bien prises en compte par le Parlement européen.

 

Le décalage d’opinion à l’égard de l’Europe sensible entre le citoyen de l’Europe des 15 et le citoyen des nouveaux États membres doit être interprété avec prudence en raison du faible recul entre l’élargissement et les élections. Néanmoins se manifeste dans certain de ces États (Pologne, République Tchèque, Slovaquie) un euro-scepticisme marqué qu’il conviendra d’examiner avec attention lors des prochaines élections européennes.

 

D’octobre à juin prochain, il faudra mobiliser l’électorat, le convaincre de s’exprimer, il faudra exiger de tous les candidats un programme sur les choix politiques et des engagements sur la réalisation de ces programmes.

Recueil et analyse de Jean-Claude HOUDOIN

[1] « Enquête post-élections européennes 2004 » réalisée en juin 2004 par EOS Gallup Europe sous l’égide du Parlement européen (DG Information) en collaboration avec la Commission européenne (DG Press) et participation du Institute for the study of social change

Par Eusaf - Publié dans : Analyses & Synthèses
- Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus